Miroir, mon beau miroir…

Qui n’a jamais chanté devant son miroir ? Ou bien dialogué avec lui ? Ou encore répété une conversation à venir ?

Le miroir reflète une image de soi lorsque l’on s’y regarde. Et faut-il croire à l’utilité de ce reflet tant c’est un réflexe de se jeter un coup d’œil furtif ou plus appuyé lorsque cela est possible. Saviez-vous d’ailleurs que les pédagogies dites alternatives comme Montessori recommandent de positionner un miroir dans l’environnement du tout petit enfant de manière à ce qu’il puisse s’y mirer, et activer les neurones du même nom ?

D’objet servant à parer, le miroir devient support au paraître. On dit qu’il ne triche pas. Qu’il va vous révéler tel que vous êtes, au moment où vous l’utilisez. La tricherie éventuelle viendra du traitement que vous aurez donné à votre apparence, mais ça, le miroir ne le sait pas. Il ne fait que refléter, encore et encore, à la manière d’un cliché instantané et sans commentaire. Il est de glace. D’ailleurs, cette neutralité devient parfois agaçante, parfois arrangeante au contraire, convenons-en. Si d’aventure nous entendions toutefois un commentaire, il viendrait sans doute de notre radio intérieure personnelle. 

Le miroir rend possible à la fois le constat de ce qui est puis l’ajustement vers ce qui pourrait être : rectifier le positionnement d’une mèche et jusqu’à modifier l’expression de notre visage « pour voir » ce que ça donne. Ajuster, constater, évaluer, valider, sans ordre précis.

Soi devant soi-même.

De la psyché* au coach

Il m’est arrivé de rencontrer le terme miroir donné comme attribut de la fonction de coach. Le coach serait le reflet de son client. Il donnerait à celui-ci la possibilité de se voir, de s’entendre, de se sentir. Nous dépassons déjà les capacités d’un miroir au sens premier du terme.

Ici, le coach est un miroir qui peut envisager des dimensions pluri sensorielles. Le coach n’est plus le reflet simple et déjà révélateur de la glace. Ce jeu de reflet implique deux identités, et deux façons d’être impressionnés par une même situation. Ce sont deux humanités qui se font face ou profil et qui se répondent. Quelle différence alors avec une conversation avec quiconque ? Nulle différence dans la présence des deux humanités. La différence vient de l’interface, de la façon dont ces humanités entrent en relation. C’est le métier du coach de prendre soin des conditions à l’établissement de cette interface. Elle est utile pour que chacun puisse dialoguer depuis son territoire sans empiéter sur celui de l’autre ni se laisser envahir le sien et tout en étant en contact. 

Ceux qui ont fait l’expérience d’un coaching connaissent probablement ce sentiment de s’être profondément compris en soi. Appelez-ça l’« insight » ou le « ah ah moment » si vous le souhaitez. Ce sentiment s’accompagne d’apaisement et de légèreté. 

C’est ce que permet le coaching.

*Grand miroir mobile, pivotant sur deux montants ou dans un châssis, ce qui permet de l’incliner et de se regarder en pied

Quand un coach coache un coach

Alors, que se produit-il lorsque deux coaches se coachent ? Je laisse la parole à mon confrère Alain Gadreau vous donner sa perspective ici.