Photo Thierry Chavel
 
Hasard ou rendez-vous ?

Il n’est pas de hasard, il est des rendez-vous, chante Etienne Daho, dans son magnifique morceau « Ouverture » issu de l’album « Corps et armes ».

J’imagine déjà Thierry Chavel fredonner la mélodie et indiquer l’emprunt de la formule à Paul Éluard*.

Un matin de février 2019, je discutais avec Julie d’un livre qu’elle avait récemment lu. Nous suivions la même formation de coach professionnel à l’ICN Business School. D’une voie vive et enjouée, elle me conseillait de découvrir l’ouvrage intitulé « Je peux guérir ».

Ce livre a fait écho chez moi sur des sujets que j’avais (re)découverts lors de mes premières rencontres avec le coaching, il y a maintenant dix ans : la vulnérabilité, la résilience voire la résistance, l’intelligence du corps, l’évolution malgré ou avec soi. L’ouvrage était d’autant plus intéressant qu’il était narré par un coach expérimenté. Et j’ai eu envie de rencontrer son auteur, Thierry Chavel.

Au rendez-vous.

C’est un rendez-vous que Thierry a accepté de me donner pour nourrir ma réflexion au sujet de mon mémoire de fin d’études : l’implicite et le coaching. Thierry m’a accueillie dans son bureau parisien. Une petite table ronde, deux fauteuils en cuir orange, deux bibliothèques, une fenêtre donnant sur le boulevard, une théière et un bol de chouquettes : voilà ce dont je me souviens du décor. La discussion s’amorce après les présentations. Je questionne, j’écoute, j’observe, j’absorbe et je me laisse absorber. En musique de fond, depuis ma radio personnelle dont j’ai tourné le volume au niveau le plus bas, se joue « Être à la hauteur ». Je me sens impressionnée et presque intimidée. Par quoi ?

Thierry possède une qualité exceptionnelle : la capacité à relier instantanément une situation à une œuvre littéraire, cinématographique, musicale. Il cite les œuvres avec précision, il donne le nom des auteurs, il en résume le contenu, comme autant d’associations offrant à son interlocuteur une prise pour sortir de l’ornière. Cet entretien d’une heure m’avait donné à cheminer pour longtemps. Et sans cesser de m’émerveiller de l’érudition de Thierry, j’ai mesuré l’infinité de la connaissance humaine, dont il se fait messager.

La prescription du symptôme.

Automne 2019, ma certification de coach professionnelle en poche, ou plutôt bientôt en cadre, je commence un parcours de supervision collective avec Thierry. J’hésite d’abord à m’inscrire pour toutes les bonnes raisons du monde. Vous savez, celles qui masquent la cause primordiale de l’inconfort. En réalité, je redoute d’être suffisamment instruite pour saisir le sens des références auxquelles Thierry fait appel. Alors j’applique la technique de la prescription du symptôme : je m’expose à l’inconfort, je m’y frotte, souvent. Tous les mois, chaque mardi, je vis l’écart entre l’érudition de Thierry et la mienne. Jusqu’à pouvoir verbaliser ma gêne, ce qui la rend tout d’un coup inoffensive, puis productive.

Je me souviens d’une cliente que j’avais croisée dans un couloir quelques jours avant notre première session de travail ensemble, elle et moi. Elle me faisait part de ses craintes de ne pas être assez équipée pour tenir les conversations. Je pouvais comprendre son point de vue : j’avais vécu quelque chose de similaire, et je le vivrais peut-être encore. Et elle retient désormais de nos échanges la facilité avec laquelle elle a pu s’appuyer sur ses propres connaissances, sur ses propres richesses, car il n’y a besoin d’aucun pré-requis pour travailler avec un coach. Le coach vous accueille tel.le que vous êtes.

Thierry m’a accueillie telle que j’étais, et, lui aussi, s’est présenté tel qu’il est : un maïeuticien doublé d’un généreux passeur de savoirs.

*Quelqu’un peut-il m’indiquer la source exacte ? Tiens, si je demandais à Thierry ?

chavel.com

Crédit photo Etienne Daho: Claude Gassian